FAQ

Pourquoi une FAQ ? Pour répondre aux questions qui reviennent régulièrement, et pour avoir un espace commun d’apprentissage et de partage autour de la culture et des traditions des Mbvumbo.

Qu’est ce qu’un “buma” ?

Un “buma” est un quartier. Dans nos villages, ils désignent les quartiers existants. Par exemple, dans le village de Mangouma, on parle de “buma mbpięūg” et de “buma tsier”. Le village était coupé en deux par un petit bosquet où se trouve aujourd’hui l’école publique. @Jeavit Nzam

Comment interpréter la mort selon la coutume ?

La coutume Mbvumbo, comme la plupart des coutumes bantous, accorde une place centrale au phénomène de la mort. Elle ne le considère pas comme une fin brutale, mais comme un passage ordonné et sacré, marqué par des étapes spirituelles et des rituels sociaux. La mort est perçue comme une transition vers un autre état d’existence, où l’esprit du défunt continue d’interagir avec les vivants.

⚰️ Les trois étapes de la mort

1.⁠ ⁠Nguienong
• Première étape correspondant au moment du décès.
•⁠ ⁠L’esprit du défunt rôde encore autour du corps matériel.
•⁠ ⁠Les vivants gardent l’espoir que le défunt puisse revenir à la vie.
•⁠ ⁠C’est une phase de grande incertitude et de proximité entre le monde visible et le monde invisible.

  1. Ndzio
    • Étape intermédiaire où le défunt peut « attendre ».
    •⁠ ⁠Deux possibilités :
  • Si son vrai jour de mort n’est pas encore arrivé, il peut rester en suspens.
  • S’il n’a pas achevé sa mission terrestre, son esprit demeure en transition.
    •⁠ ⁠Cette étape reflète la croyance en un destin et en une mission individuelle à accomplir avant le repos définitif. Il faut noter que c’est à cette étape que les vivants voient les apparitions des défunts, car les défunts, eux-mêmes, nous voient, mais malheureusement n’ont pas la possibilité de nous parler.
    •⁠ ⁠C’est à cette étape qu’on nous demande souvent de jeter ce que nous mangeons ou buvons au sol, car ils nous voient et ont encore les envies du monde vivant.
    •⁠ ⁠C’est dans cette étape qu’on nous demande souvent de ne pas guie nkuah muo( ne pas faire l’amour en journée)lorsque nous sommes victimes du kúng

3.⁠ ⁠Bákuambo
• Étape finale marquant l’achèvement du cycle.
•⁠ ⁠Elle concerne les personnes dont la mission est accomplie ou dont le temps de mourir est arrivé.
•⁠ ⁠C’est le moment où l’esprit rejoint définitivement le monde des ancêtres.

LES RITUELS OU ÉTAPES DES OBSÈQUES

🕯️ Les rituels des neuf jours (Rebvua)

Durant les neuf jours qui suivent le décès, appelés Rebvua (neuvaine), plusieurs rites sont observés :

  • Rebvua (Neuvaine) période de prière, de chants et de rassemblement communautaire autour du défunt sanctionnée par une soirée culturelle où on donne à manger et à boire à la famille , aux amis et connaissances

– Nwala bi bara libération des femmes qui ont passé le temps à dormir en signe de deuil.

Nvula bindúng: reprise de la vie sexuelle après la mort du conjoint, marquant la réintégration dans la vie sociale. Il faut noter que cela ne se fait qu’une fois avec la première personne.
Si vous avez envie de faire l’amour, il est strictement interdit de le refaire avec la première personne contactée pendant cette période.

Nvula magioh rupture officielle du veuvage, permettant au conjoint survivant de retrouver une nouvelle stabilité.

Ces rituels sont hautement symboliques : ils visent à rétablir l’équilibre entre les vivants et les morts, à libérer les survivants des contraintes du deuil et à assurer que le défunt trouve sa place parmi les ancêtres.


La coutume Mbvumbo illustre la profondeur des traditions bantoues face à la mort. Elle ne la voit pas comme une rupture définitive, mais comme une progression spirituelle en trois étapes, accompagnée de rituels qui assurent la continuité entre les vivants et les ancêtres. La mort devient ainsi un moment de transition, de mémoire et de régénération sociale. @Nkoum Roger