Cette période correspond à une phase ancienne de l’expansion bantu, durant laquelle des communautés partageant une forte proximité linguistique et culturelle développent progressivement des mécanismes de mobilité, d’adaptation et de segmentation sociale. Les sociétés A80 fonctionnent alors selon une logique dite de fission–fusion : les clans se divisent, migrent, se recomposent et maintiennent néanmoins une mémoire commune fondée sur la langue, la parenté et les alliances.
Autour de 1200 av. J.-C., dans le contexte plus large des migrations bantu à travers l’Afrique centrale, ce foyer Mambéré–Sangha devient progressivement un espace de rayonnement humain et culturel. Les futurs groupes Kwasio, Ngoumba, Mabi et apparentés y forgent les bases d’une identité commune avant leurs dispersions successives vers les régions méridionales forestières et littorales.
Cette phase ancienne demeure fondamentale dans la mémoire historique des peuples A80, car elle marque la naissance d’un continuum culturel et linguistique qui traversera les siècles jusqu’aux formations communautaires connues à l’époque précoloniale.
Références
Alphonse Kisito BOUH MÁ SITNA, Reconstitution des migrations ancestrales des Kwasio ou Bantu A81 d’Afrique centrale de 1628 à 1906, Paris, Edilivre, 2016.
Alphonse Kisito BOUH MÁ SITNA, Identité ethnique des Bantu d’Afrique Centrale, classés A80 par la linguistique, Paris, Edilivre, 2016.
Idelette DUGAST, Inventaire ethnique du Sud-Cameroun, Paris, IFAN, 1949.
Oxford Research Encyclopedia of African History, article sur l’expansion bantu et les dynamiques migratoires en Afrique centrale. Oxford Research Encyclopedia of African History