Guidés par des éclaireurs Bakola pygmées depuis les zones forestières de Bipindi, certains groupes Kwasio auraient suivi le cours du fleuve Lobé jusqu’à son embouchure. Selon les récits rapportés dans les travaux d’Alphonse Kisito Bouh Má Sitna, les découvreurs ne distinguaient pas immédiatement le fleuve de l’océan, croyant d’abord à un élargissement infini des eaux.
Cette rencontre provoqua un véritable choc écologique et culturel. Les populations forestières habituées aux rivières et aux espaces sylvestres furent confrontées à une étendue d’eau salée inconnue, aux marées, aux vents océaniques et à un nouvel environnement côtier. Ce bouleversement participa à la transformation progressive des représentations géographiques, spirituelles et linguistiques des communautés locales.
L’un des héritages majeurs de cet événement serait la genèse du mot « mang », utilisé en kwasio pour désigner la mer ou l’océan. D’après les traditions rapportées, « mang » dériverait du pluriel du mot « dang », qui désigne une grande rive sablonneuse ou boueuse de fleuve, de lac ou d’étang. Face à l’immensité de l’Atlantique, les Kwasio auraient ainsi conceptualisé l’océan comme une immense succession de « dang », donnant naissance au terme « mang ».
Cet épisode marque également l’un des premiers grands tournants de l’histoire des populations Kwasio-Mabi sur la côte camerounaise, bien avant la pénétration européenne et les bouleversements liés à la traite atlantique et à la colonisation.
Date grégorienne estimée
Vers 1628 (calendrier grégorien) : arrivée des groupes Kwasio sur les côtes atlantiques de la région de Kribi et découverte de l’océan Atlantique selon les traditions historiques et travaux de recherche.
Références
Extrait “Histoire Kwasio”
Ouvrage “La période de découverte de l’Atlantique par les Kwasio du Sud Cameroun”