Lors d’entretiens menés vers la fin de sa vie, notamment en 2020, alors qu’il était âgé de 91 ans, il a décrit avec minutie les cérémonies du culte des ancêtres chez les Kwasio.
Il a notamment expliqué l’importance des reliquaires familiaux et le rôle du chef de famille dans la communication avec les défunts.
Ses descriptions du processus de bénédiction (“Wéya”) et de consécration des objets (“Mash”) révèlent une compréhension profonde de la symbolique du sang, du souffle et de la parole dans la culture bantoue.
Les éléments rituels documentés par l’Abbé Bouh
| Élément Rituel | Description et Signification | Rôle dans la Cosmologie Kwasio |
| Mbilin | Poudre rouge issue du bois de padouk | Utilisée pour l’onction des crânes des ancêtres |
| Kang | Mélange de poudre rouge et d’huile rouge | Onguent sacré pour la sanctification des reliques |
| Wéya | Acte de bénédiction par la parole et le geste | Marque le début de la consécration d’un objet ou d’un individu |
| Mash | Objet ou personne ayant reçu la double bénédiction | Représente l’état de consécration finale et de protection |
| Miandœrin | Canne sauvage utilisée pour l’aspersion | Support physique de la bénédiction divine et ancestrale |
Cette documentation est d’une valeur inestimable pour la théologie africaine. Elle permet de réfléchir à la manière dont le culte des ancêtres peut trouver un écho dans la dévotion catholique aux saints et aux âmes du purgatoire.
Par son travail, l’Abbé Bouh a montré que la spiritualité africaine précoloniale possédait déjà des concepts de médiation et de sanctification susceptibles de servir de terreau à l’annonce de l’Évangile.