Le bibundí est une espèce de macabo sauvage de grande taille qui pousse dans la plupart des cas :
-
- Aux alentours des maisons
- Dans les plantations cacaoyères
- Dans certaines jachères
Différenciation avec l’Ayia’yia
Il est presque difficile de différencier le bibundí de l’espèce qu’on appelle vulgairement Ayia’yia (aussi appelé Pinga, prisé pour la braise avec de l’huile rouge et le sel).
Cette différenciation relève seulement d’une connaissance entre les deux espèces.
Caractéristiques du Bibundí
Le bibundí, dans la plupart des cas, a du mal à produire des tubercules, contrairement à l’ayia’ya qui, lui, est plutôt fécond.
Taille : Le bibundí peut atteindre 2 mètres de hauteur.
La préparation du Dumbo Bibundí
Étape 1 : Sélection des tiges
On sélectionne les tiges dites mûres, c’est-à-dire celles qui ont un diamètre considérable pouvant dépasser le diamètre d’un chevron.
Étape 2 : Préparation initiale
-
- On récupère la tige
- Après l’avoir pelée, on la découpe en petits morceaux (à peu près comme le macabo ordinaire)
- On la met dans une grande marmite avec du sel
- Elle passera toute la nuit au feu de bois
Étape 3 : Préparation des accompagnements
Le lendemain, on apprête le ndtua et le nshusa tsir avec tous les éléments accompagnateurs pour un bon assaisonnement.
Étape 4 : Le mixage
On dispose par la suite les feuilles de bananiers pour le mixage des éléments :
-
- Bibundí
- Tsir
- Nshusa
- Ndtua
Étape 5 : Cuisson finale
Après avoir attaché le met, on le dépose à nouveau dans la marmite où il va encore passer quelques heures (1 à 2 heures, maximum 2h30mn).
Étape 6 : Finition sur braise
On retire le met de la marmite pour l’installer sur la braise où il passera la nuit.
La dégustation
Le lendemain, il est donc disponible pour sa dégustation :
-
- Soit au sortir du culte
- Soit en brousse pendant la saison du ndtua
- Soit pour recevoir un étranger de marque
Une espèce menacée
Malheureusement, de nos jours, cette espèce est en voie de disparition dans nos villages.
Signification culturelle
Le Dumbo Bibundí représente :
-
- Un plat de prestige réservé aux grandes occasions
- Une préparation complexe nécessitant temps et savoir-faire
- Un patrimoine culinaire en danger
- Un lien avec la nature et les cycles saisonniers
La préparation de ce plat témoigne de la sophistication de la cuisine Mbvumbo, capable de transformer des produits sauvages en mets raffinés grâce à des techniques de cuisson longues et élaborées.
Cette recette illustre aussi l’urgence de préserver les savoirs ancestraux avant qu’ils ne disparaissent avec la raréfaction des ingrédients traditionnels et la perte de la transmission intergénérationnelle.