L’antilope a traversé un gué rocailleux (un pont de roches sous l’eau). Ce pont s’y trouve encore et il a également servi aux migrations de :
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- Les Benga du Gabon et de Guinée équatoriale
- Les Iyassa
Cette tradition orale n’est pas une invention.
Ce sont nos chefs, réunis ensemble en 1904, qui se sont assis en conclave et ont relaté cette histoire.
Ladite histoire a été mise par écrit par un Mbvumbo écrivain au temps des Allemands. Un administrateur français dénommé Pierre Cournarie l’a identifié dans la moitié des années 1930 comme étant Pouesset Lionel.
Un témoignage historique précieux
Ce n’est pas quelque chose qui doit être discuté par les générations actuelles qui sont pour la plupart acculturées et qui voient le passé avec les yeux du présent.
Cela dénature et édulcore la réalité d’avant.
L’exemple des sculptures
Le Mbvumbo qui regarde notre société actuelle par exemple ne peut en aucun cas croire que nous étions de grands sculpteurs. Il va même se moquer.
Mais il suffit de faire un tour dans les musées de Berlin, de Leipzig en Allemagne pour se rendre compte qu’il s’y trouvent des centaines de sculptures d’origine Mbvumbo.
Chez les Mabi, on parle de milliers.
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- L’antilope sacrée
- L’antilope qui a guidé le peuple à travers le gué n’est pas un simple animal. Elle est sacrée dans la tradition Mbvumbo.
La sanction pour quiconque mangeait de l’antilope sans être initié était la mise à mort.
Les animaux sacrés
Nous avions au moins 4 animaux de ce type :
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- L’antilope
- Les grands serpents
- Le dzindoer (une sorte de lémurien)
- La caille
Les différents groupes Mbvumbo
Les Pfièburi
Les Pfièburi, c’est-à-dire les gens de Nzimang et apparentés, ainsi que les Binzugo, les Limanzouang, etc., peuvent peut-être fouler au pied cette tradition parce qu’ils n’ont pas le même schéma et la même période migratoires que les Manzanga Mampoa et consorts.
Les Manzanga Mampoa
Ces derniers sont arrivés dans l’espace Bipindi-Lolodorf plus de 250 ans avant les Pfièburi.
Ils sont entrés en forêt par l’habitat subactuel d’Abong Mbang.
Le parcours des Pfièburi
Les Pfièburi sont passés par l’habitat subactuel de Yokadouma. Et ils sont arrivés dans l’espace Bipindi-Lolodorf accompagnés de Fang-Okak après la bataille et notre déroute à Ebemvok devant les Bulu de Nsim Biyo’o.
On estime cela vers 1866. En tout cas, en 1867, les Fang-Okak et les Kwasio avaient déjà été localisés à Kribi et ses environs.
Le code moral traditionnel
Donc un Pfièburi, aura de la peine à comprendre pourquoi il doit se priver de l’antilope.
Seulement, notre code moral traditionnel étant consensuel, nous devons le respecter.
C’est ce respect du consensus qui permet au peuple Mbvumbo de rester uni malgré la diversité de ses origines et de ses parcours migratoires.
Conclusion
L’histoire de Mimpumbi et de la migration Mbvumbo nous enseigne :
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- L’importance de préserver la mémoire orale
- Le respect des traditions ancestrales
- L’unité dans la diversité
- La nécessité du consensus pour la cohésion sociale
Cette histoire n’est pas qu’un récit du passé. Elle est une boussole pour le présent et l’avenir du peuple Mbvumbo.