Catégorie : Histoire et peuple

  • La généalogie Mbvumbo : Song-mua-ndta-ndzibung

    La généalogie Mbvumbo : Song-mua-ndta-ndzibung

    La structure généalogique

    Il y a en principe une généalogie assez conforme sur la descendance :

    Song – Mua – Ndta – Ndzibung – Dualè nkuong – Nvusè bang – Ngywah’lè siœh

    Cette succession de termes définit les générations et leur place dans la lignée familiale.

    Les générations

    Song

    L’ancêtre fondateur, la racine première de la lignée.

    Mua

    Celui issu du clan. Membre authentique et originel du clan, par opposition à Mur (allogène).

    Ndta (Ndah)

    Les enfants. Première génération de descendants directs.

    Ndzibung

    Les petits-enfants. Deuxième génération de descendants.

    Dualè nkuong

    Les arrière-petits-enfants. Troisième génération de descendants.

    Nvusè bang

    Les arrière-arrière-petits-enfants. Quatrième génération de descendants.

    Ngywah’lè siœh

    Les générations suivantes, celles qui prolongent la lignée dans le temps.

    L’importance de la généalogie

    La connaissance de sa généalogie est fondamentale dans la société Mbvumbo car elle permet de :

    • Identifier son clan d’appartenance
    • Connaître ses droits et devoirs au sein de la communauté
    • Respecter les interdits liés à sa lignée
    • Préserver son identité culturelle et familiale
    • Transmettre le patrimoine aux générations futures

    La lignée (MBPONGOH)

    Le terme MBPONGOH désigne la lignée dans son ensemble, la succession généalogique et la transmission du patrimoine familial de génération en génération.

    Cette lignée n’est pas seulement biologique, elle est aussi :

    • Spirituelle (connexion avec les ancêtres)
    • Sociale (place dans le clan)
    • Culturelle (transmission des savoirs)

    Conclusion

    La généalogie Mbvumbo est bien plus qu’une simple liste de noms. C’est un système vivant qui relie le passé au présent, les ancêtres aux vivants, et assure la continuité du peuple Mbvumbo à travers les siècles.

    Connaître sa généalogie, c’est connaître sa place dans le monde et honorer ceux qui nous ont précédés.

  • Identité et appellations

    Identité et appellations

    Identité et appellations

    Le nom Ngoumba/Ngumba est l’orthographe utilisée par les écrivains pour désigner le peuple Mbvumbo. L’ethnonyme Mbvumbo signifie « fierté, fertilité » et dérive du nom d’un village prospère fondé par le chef BOUERDJILA sur un affluent de la Mvila (actuelle Ebolowa).

    Les Mbvumbo font partie du groupe Kwasio (classé Bantu A81 par la linguistique), qui est lui-même intégré au continuum linguistique et culturel Bantu A80. L’ethnonyme commun suggéré pour l’ensemble des Bantu A80 est « Mfang Makina ».

    Sous-groupes et clans

    Les Mbvumbo (Nti, Sagubé, Bigbali, Samal, Sabali, Sangouala (ou Sanwüala), Sanguo, Binzugo (ou Binambung), Bimbpang, Sampulè, Sabvila, Samapfua, Sanzeuh, Limanzuang, Bituer, Bindtuana, Bipongli, Biwüan, Biwüèlè, Sassandè, Sassiang, Sandeng, Biwandi, Bimbpalang, Biwambo, Sabvunda, Sanzil, Sagiong, Salulè (ou Salulè), Sambong, Sambuong) s’inscrivent dans le grand ensemble kwassio, au sein duquel ils constituent un sous-groupe apparenté.

    Leur parenté ethnoculturelle la plus proche inclut les Bisio (Bimièni, Bimbpang (ou Bimpbang), Sampulè, Binamvulè, Bipful, Samong, Binambung, Samakiu, Sanzeuh, Bingungli) et les Mabi (Nti, Sabali, Sabouaga, Litumbo, Sabvila, Sakura, Biang Ma Nkiou (ou Samakoua), Bipah (ou Yenan), Sampani (ou Esamfan), Sambi, Sankiong, Bimièni), avec lesquels ils partagent des fondements linguistiques, historiques et culturels communs.

    Peuples voisins

    Les Fang/Fang-Okak, les Bassa, les BagyeliBakokoEvuzokEnoaBulu Essakoï et Bakola ainsi que d’autres groupes de la zone forestière méridionale, constituent des peuples voisins et frères, liés aux Mbvumbo par des interactions anciennes — échanges, alliances, cohabitations territoriales.

    Origines et migrations

    Les Mbvumbo descendent de l’ancêtre KUASSIO par son fils Bobia. Leurs ancêtres proviennent des régions de savane autour des fleuves Mambéré et Sangha en Centrafrique. Ils sont entrés en forêt camerounaise par le Haut-Nyong (passant par Batouri et Bertoua), fuyant les Baya et les raids esclavagistes.

    La majorité s’est séparée des autres Bantu A80 près d’Abong-Mbang pour se diriger vers le Sud-ouest. Ils se sont fixés initialement entre Bipindi, la Mvila (région d’Ebolowa) et ses affluents vers 1628.

    Dispersion, alliances et conflits

    • Ils ont emprunté la route de l’Ouest (la forêt) pour échapper aux chevaux des guerriers Peulhs et ont été guidés par les Pygmées Badjélé
    • Ils ont franchi le fleuve Nyong près d’Abong-Mbang sur un pont en lianes (Ndigintou)
    • Ils ont ensuite été attaqués par les Bakoko, ce qui a entraîné leur dispersion
    • Ils étaient attaqués au Nord par les Baya, Kaka, et Yanguéré
    • Ils subissaient au Sud les razzias fréquentes des habitants de la côte
    • Ils furent pourchassés de la région de Ngambè vers Bipindi par les Longasse (une tribu Basaa) dirigés par BATJEKI NAMB
    • Ils étaient alliés aux Bakola (pygmées) et aux Fang-Okak
    • Ils ont été délogés de la Mvila et du Ntem par les Bulu et les Ntumu entre 1870 et 1890

    Événements Historiques Notables

    Guerres : Les Makouk (Mbvumbo) et Mabéa ont été attaqués une seconde fois par les Bakoko à Bipindi, ce qui a mené à la capture de six familles Makouk qui formèrent le groupe des Manzanga Mampoa.

    Dispersion Finale : Ils ont subi une déroute et une dispersion à Ebemvok après une série de guérillas appelées « Oban » contre les Ntoumou et Bulu.

    Système Politique : Les sources des premiers Européens indiquent que les Mfang Makina (y compris les Mbvumbo) étaient organisés en chefferies. Ce système, basé sur une autorité morale et non coercitive, était propice à la division et à l’affaiblissement en cas de troubles internes ou d’attaques extérieures.

    L’art Kwasio, connu sous l’appellation ngoumba-makina, est classé comme un sous-style de l’art Fang au Gabon et au Cameroun.

    Localisation géographique

    Les Mbvumbo vivent principalement :

    Au Cameroun

    Bipindi, Makouré 1, Koumbizik, Nkoumbala, Bidjouka, Mabiogo, Lolodorf, Akonolinga, Atok, Eséka, Abong-Mbang, Batouri, Bertoua, Doumé, Kribi, Ebolowa, Sangmélima, Edéa, Ngambè, Minlaaba, Yaoundé, et bien d’autres localités.

    Au Gabon

    Ndjolé, Lastoursville, Makokou, Foulenzen, Kango, Lambaréné, Libreville, et de nombreuses autres villes.

    En Guinée équatoriale

    Bumè, Nlendè, Ntondo, Matundi, Bara, Bata, Mbini, et d’autres localités.

    Leur territoire ancestral est caractérisé par une forêt équatoriale dense, une forte biodiversité, un réseau d’étendue d’eau dense et riche, et des espaces historiquement peu urbanisés.

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